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Objet du mois

Chaque mois, l’Ecomusée Creusot Montceau vous propose de découvrir un objet de ses collections, curieux, insolite et rare.

Octobre 2022

En ce mois d’octobre, l’Ecomusée Creusot Montceau participe à la manifestation régionale Patrimoines Ecrits en Bourgogne Franche-Comté en vous présentant deux volumes de la bibliothèque des Ingénieurs civils de France, conservés à l’Ecomusée, intitulés « Revue de l’exposition universelle de 1867 ».

Dans cet ouvrage, plusieurs ingénieurs présentent les dernières avancées dans les domaines de l’industrie du fer, de l’agriculture ou des mines à partir des objets et machines exposés en 1867 à Paris, sur le champ de Mars. Un volume regroupe les textes des auteurs, l’autre les planches avec illustrations, plans et schémas.

La planche présentée ici reprend les lampes de mineurs exposées par les entreprises, illustrant un texte de l’ingénieur Ed Grateau sur l’éclairage des mines à grisou. L’auteur, qui note la dangerosité du métier de mineur confronté au risque d’explosion, y détaille les derniers progrès dans le domaine des moyens d’éclairage et des détecteurs de grisou.

Si le volume de planches permet de publier des plans très détaillés, le volume de texte est également illustré de dessins plus modestes : ouvert au chapitre sur la distillerie, il présente des reproductions d’alambics, comme l’alambic Veillon utilisé pour la réalisation d’eau-de-vie de Cognac.

Les expositions universelles, vitrines des réalisations industrielles des participants, étaient ainsi l’occasion de nombreuses publications (rapports du jury, livres d’or, etc.) qui permettent aujourd’hui de rendre compte des avancées de l’industrie au fil du temps.

Septembre 2022

En ce mois de rentrée des classes, l’Ecomusée Creusot Montceau vous présente un accessoire indispensable à tout écolier : un cahier !

Cet objet a appartenu à Benoît Perrot, élève à l’école spéciale Schneider en 1893.

Les écoles Schneider de filles et de garçons ouvrent en 1837 afin d’améliorer la formation générale des enfants du personnel. Quelques années après la loi Guizot de 1833, c’est donc l’usine qui prend en charge l’instruction des enfants.

En 1883 est créée l’Ecole Spéciale Schneider, destinée à former des ouvriers qualifiés pour leurs usines. Le programme était orienté vers l’apprentissage du métier et des techniques : dessin industriel, sciences pratiques, mélangés avec des cours plus généraux (géographie, histoire, arithmétique…).

La couverture de ces cahiers de devoir reprend la statue de la Reconnaissance, érigée en l’honneur de Eugène Ier Schneider, montrant l’omniprésence du patron dans la vie des ouvriers dès leur enfance.

Dans ce cahier d’écolier de 1893, l’une des pages nous montre le cours de mécanique du 4 mars 1893, consacré à l’étude et à la « description du marteau pilon de M. Bourdon ». Un schéma très détaillé réalisé à la plume est accompagné d’un texte décrivant le fonctionnement de la machine.

Vous remarquerez le commentaire du maître d’école qui juge sévèrement le travail de son élève : « écriture faite au galop » …

© service Ecomusée, D. Busseuil

Août 2022

Cette médaille commémore la tournée promotionnelle de l’avion Air France “La Caravelle” de la société Sud Aviation, organisée du 18 avril au 25 juin 1957 à travers le monde.

Cette médaille gravée par Raymond Joly présente sur une face, un avion en vol dans un ciel étoilé avec un lever de soleil et une girouette indiquant les dates du vol, au verso une carte géographique de l’itinéraire emprunté par la Caravelle. L’océan est symbolisé par le dieu Neptune, et tout autour en légende circulaire se trouvent les noms des villes visitées.

Cette médaille a été attribuée à M. et Mme Charles Schneider : l’importance du groupe Schneider en France à cette époque justifie la présence du couple Schneider à bord de ce vol de promotion.

L’entreprise Schneider était un partenaire incontournable des principaux acteurs de la filière aéronautique française : Schneider était non seulement l’un des plus imposants groupes industriels français de réputation mondiale, mais également l’un des plus anciens et des plus prestigieux avec un savoir-faire et une expérience dans la fabrication de très nombreux types de matériels. Charles Schneider se voit reconnaître par Charles de Gaulle comme “Pilote de l’activité nationale”.

Les Caravelles (ce nom faisant référence au navire de Christophe Colomb, découvreur de l’Amérique) desservaient l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Le général de Gaulle en fait son avion présidentiel dès 1958. Il déclare d’ailleurs : « la rapide, la sûre, la douce Caravelle », phrase utilisée comme slogan par Sud-Aviation. Les caravelles sont retirées de la flotte d’Air France en 1978, remplacées par le Boeing 737.

La Caravelle SE 210 est un avion de ligne biréacteur, destiné aux itinéraires court et moyen-courriers, produit entre 1958 et 1973 par la société française Sud-Aviation. Premier biréacteur civil au monde produit en série, il présente la caractéristique, innovante pour l’époque, d’avoir les moteurs placés à l’arrière du fuselage et non dans les ailes.

© Manon Mauguin

Juillet 2022

Pour ce mois de juillet, l’Ecomusée s’installe au bord de l’eau pour une partie de pêche à l’étang de Montchanin.

Cette photographie, divisée en deux images presque identiques, est présentée avec son appareil de lecture, un stéréoscope de Holmes. Ces photographies stéréoscopiques, qui commencent à se développer dans les années 1850, permettent de donner une impression de relief lorsqu’on les regarde à travers l’appareil.

Plusieurs types de stéréoscopes ont été développés : Wendell Oliver Holmes conçoit le sien vers 1861 sans déposer de brevet pour qu’il soit commercialisé à moindre coût. Sa production durera ainsi plusieurs dizaines d’années.

Quant à cette partie de pêche, on estime qu’elle date du début des années 1900, bien que son photographe ne soit pas connu. Elle est prise à l’étang de Montchanin, sur l’allée dite « des Soupirs ».

Au XIXème siècle, les bateaux qui circulent sur le canal du Centre traversent directement l’étang de Montchanin : la digue que l’on voit sur la photographie sert alors de chemin de halage. En 1829, le canal est établi à gauche de la digue, cette dernière est alors rehaussée et plantée d’arbres. Elle devient ainsi un lieu prisé des pêcheurs et des promeneurs. Son nom « d’Allée des Soupirs » fait d’ailleurs probablement référence aux amoureux qui viennent s’y promener.

© Service Ecomusée, reproduction D. Busseuil

Juin 2022

En ce mois de juin, à l’occasion de la réouverture du jardin de la Villa Perrusson, l’Écomusée Creusot-Montceau vous propose de découvrir un objet représentatif de la démarche publicitaire de la société Perrusson-Desfontaines .
Les Perrusson-Desfontaines, sont des industriels céramistes à la tête de plusieurs fabriques de tuiles, briques et carreaux de pavement. Ils ont fait de leur demeure d’ Écuisses, construite à la fin du XIXe siècle et située à proximité immédiate de l’usine, un véritable catalogue publicitaire de leurs productions céramiques, grâce à ses nombreux décors de façade et de toiture.
Cette palette échantillon permettait de proposer au client potentiel une gamme d’émaux déclinables sur les différents produits choisis; tuiles, briques, éléments de construction ou de décoration. Le client pouvait ainsi personnaliser sa commande.
Un bas relief à figure féminine de style néo-classique en terre cuite non émaillée en occupe le centre, encadré par un décor de colonnes ioniques à volutes. Autour, comme sur une palette de peintre, sont disposées 18 nuances d’émaux stannifères, produits à partir d’oxyde d’étain. Ces émaux permettaient de protéger la terre cuite, tout en y apportant couleur et brillance. A la manière d’une brochure publicitaire actuelle, on trouve sur cette palette échantillon le monogramme et le nom de la société ainsi que son adresse.

© Ecomusée Creusot Montceau

Mai 2022

Durant le mois de mai, en clin d’œil à la Fête du travail aussi dénommée Journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs, l’Ecomusée Creusot Montceau vous propose de découvrir deux communiqués de grève du bassin minier de Blanzy.

 

Ces deux tracts ont été diffusés par le Comité Central de grève des Houillères de Blanzy le 26 novembre 1947.

Ils font état d’une grève générale suite aux votes des ouvriers et appellent à une manifestation de l’ensemble de la population. Les revendications affichées sont avant tout salariales et financières.

Ces documents témoignent localement des grèves nationales de l’automne 1947. Provoquées par l’inflation, qui rend la vie de plus en plus chère, elles rassemblent syndicalistes et communistes dans les secteurs industriel, ferroviaire et minier. Elles mêlent revendications économiques et objectifs politiques dans un contexte de Guerre froide naissante.

 

Dans le bassin montcellien, ces grèves se déroulent du 25 novembre au 9 décembre. Elles annoncent la grève des mineurs de 1948, également nationale. Cet épisode, reprenant des revendications similaires mais plus violent, a marqué durablement la mémoire ouvrière.

© Ecomusée Creusot Montceau

Avril 2022

Cet objet est un dépôt de l’Hôtel-Dieu du Creusot : un moule à suppositoires à chaud. Pour le réaliser, du beurre de cacao était mélangé avec une poudre en un médicament actif. En laiton, il s’ouvre en 3 parties, sur les côtés, grâce à un système de vis.

  • A découvrir dans le hall du musée de l’Homme et de l’Industrie durant tout le mois d’avril.
© Ecomusée Creusot Montceau, Morgane Moello